Madagascar : Tana, la côte Est et Sainte-Marie

Après l'atterrissage, on a profité de notre petite période d'acclimatation pour visiter les lieux touristiques de Tana et de ses alentours. Puis nous sommes partis vers la côte Est pour notre premier road trip. Au programme, soleil, plage et mammifères (terrestres et marins).


À l'été 2018, nous sommes partis à Madagascar, sur la terre de mes ancêtres maternels. C'était un voyage important pour moi qui n'y avais pas été depuis presque 10 ans, mais aussi pour Léa qui allait enfin découvrir ce pays dont je lui parle (presque) tous les jours depuis notre rencontre.

Cette série d'articles racontera les préparatifs et le voyage, avec le plein de vidéos et de photos.

  1. Les préparatifs
  2. Tana, la côte Est et Sainte-Marie
  3. La RN7 d'Antsirabe à Ranomafana (bientôt)
  4. La RN7 et le Grand Sud (bientôt)

Antananarivo

On arrive à Madagascar par la capitale Antananarivo. C'est le point névralgique du pays, d'où toutes les routes partent aux 4 coins du pays, et où se trouve le "grand" aéroport international Ivato. Antananarivo (la Cité des Milles, appelée aussi Tana) n'est pas forcément une destination touristique prisée, elle est polluée, tentaculaire et l'insécurité est palpable.

Pour autant, l'atmosphère de la ville nous dépayse complètement, il y a certains lieux importants de l'histoire malagasy, j'aime y passer un peu de temps pour m'acclimater avant de partir sur la route. On s'est donc installés dans la grande maison familiale de Mahamasina, le quartier du grand stade et du lac Anosy.

Analakely

Analakely est le centre de la Ville Basse de Tana, on y trouve l'emblématique avenue de l'Indépendance. C'est une belle avenue bordée d'arcades, avec au bout la jolie gare de Soarano. De nombreux passants se baladent sur cette avenue, où l'on peut acheter plein de trucs (surtout à manger) aux vendeurs ambulants. On a retenu le koba, sorte de pâte d'arachide sucrée, et le succulent jus de canne à sucre au gingembre et citron.

Analakely est accessible par deux grands escaliers qui se font face. On a une très jolie vue sur les couleurs chaudes de la ville, même si c'est fatiguant de monter les marches. On peut faire réaliser des tampons à son nom auprès de graveurs installés sur les marches du côté d'Antaninarena, avec en décoration des éléments emblématiques de l'Île.

C'est aussi le lieu d'un grand marché couvert sous les pavillons, où tu peux acheter littéralement de tout, d'une tong à des épices en passant par un appareil électroménager. Nous y avons fait le plein d'épices locales, de bonbons coco et de miel, et un peu plus loin au marché Pochard (derrière la gare), nous avons pu acheter de l'artisanat malagasy. On y trouve toute la créativité des habitants : sculptures en bois, marqueterie, broderie, sculptures en cornes de zébu, pierres semi-précieuses, sculptures en raphia, etc. Surtout, il ne faut pas hésiter à marchander, c'est ancré dans les habitudes et cela permet de faire la discussion, d'en savoir plus sur les objets et d'améliorer son malagasy.

Le Rova (ou Palais de la Reine)

Le Palais de la Reine domine Tana, perché sur la plus haute colline de la ville. Il a abrité, comme son nom l'indique, les reines de Madagascar avant la colonisation, et aussi de nombreuses œuvres d'art. Malheureusement il a été détruit en 1995 par un incendie criminel, toujours non résolu. La plupart des œuvres ont péri mais on peut en retrouver quelques-unes dans le Palais du Premier Ministre non loin de là.

Il a depuis été en partie reconstruit, et on peut le visiter ainsi que les différentes constructions qui l'entourent (cases traditionnelles, tombeaux royaux). On l'a visité au coucher du soleil, la montée a été difficile mais ça en valait le coup ! La vue sur la ville au soleil couchant est magnifique, et le palais éclairé montre toute sa grandeur. Si tu veux y aller à pied, fais-le avec un local qui pourra te guider, c'est plein de ruelles et certaines sont à éviter.

Mahamasina et le lac Anosy

Le quartier de Mahamasina est celui de ma grand-mère, nous y avons donc passé quelques temps. Il y a le grand stade municipal de Mahamasina où de nombreux grands évènements politiques ont eu lieu, et autour duquel il y a un grand marché.

Pas loin se trouve le lac Anosy, avec en son centre un îlot relié par une petite digue. On trouve en son centre un Monument aux morts de la 1re Guerre Mondiale, et une statue de la Victoire, surnommé ange noir (Anjely mainty) par les tananariviens. La balade y est agréable, on a croisé beaucoup de jeunes malagasy qui traînaient entre amis.

À voir à Tana mais qu'on n'a pas eu le temps de visiter

  • Le village d'Akamasoa, créé par le Père Pedro pour sortir les habitants du bidonville
  • La Ville Haute dont les quartiers d'Antaninarena et d'Isoraka, où l'on peut trouver des boutiques d'art, des belles bâtisses et des jolies vues sur la ville
  • Le musée de la Photographie avec des photos retraçant l'histoire du pays

Ambohimanga et les environs de Tana

À 19km de la capitale se trouve le berceau de la royauté merina (l'ethnie qui a unifié Madagascar) à Ambohimanga (littéralement la colline bleue). C'est ici que le premier roi de Madagascar Andrianampoinimerina (à tes souhaits) a fait construire son palais (ou Rova). Il y a plusieurs choses à visiter, dont la case du roi, traditionnelle et très sobre comme l'était son règne, puis les différentes extensions par ses successeurs et successeuses. Tout est en bois, c'est magnifique ! On a en plus visiter le lieu en fin de journée, la lumière était irréelle !

À voir aux alentours mais qu'on n'a pas eu le temps de visiter

  • Les 12 collines sacrées, avec chacune son rova

Foulpointe

On est parti en spécial dans l'est du pays, au pays des Betsimisaraka (les indivisibles). La route de Tana à Foulpointe (grand port de l'Est du pays) nous fait passer en quelques heures des hauts plateaux rouges de la latérite à une forêt luxuriante dense et humide, réminiscence de ce qu'était Madagascar avant l'exploitation de ses ressources par les humains. La route a été très longue, on est partis à 6 h 30 pour n'arriver que 12 heures plus tard.

Sur la route, longée par une voie de chemin de fer, on a croisé beaucoup de gens qui vendaient leurs productions sur leurs étals. On leur a acheté du miel artisanal, des mini-bananes très sucrées et des morceaux de canne à sucre. Il y avait aussi des ananas, des cœurs de bœuf, des fruits du Jacquier, des avocats et des tomates sauvages. Un régal pour les yeux et le nez ! Nus avons pris notre déjeuner dans un hotely, petite gargote où l'on mange pour vraiment pas cher. La route de Toamasina (ou Tamatave) à Foulpointe est très cabossée, ça commençait à faire long à la fin.

La plage et l'aquarium

Foulpointe est reconnue pour sa plage de sable blanc, avec une mer calme protégée par une barrière de corail (et qui empêche aussi les requins de venir). On en a bien profité pour bronzer et se faire masser sur les transats par des femmes du village, en buvant un jus de noix de coco. C'est une station balnéaire prisée par les malagasy, qui ne perdent pas une occasion pour y prendre leurs vacances.

Le snorkeling est possible sur la barrière de corail, grâce à des petites excursions proposées directement sur la plage. On est partis à deux pirogues à balancier, poussées chacune par un homme et sa perche. Une fois arrivé à l'endroit appelé "l'aquarium", on peut commencer à nager autour de magnifiques poissons marins de toutes les couleurs. Le seul bémol était la forte présence d'oursins aux épines immenses, réduisant nos mouvements de peur de se faire piquer.

La réserve d'Analalava

Plus dans les terres se trouve une réserve spéciale appelée Analalava, où l'on peut voir des lémuriens, des caméléons et des oiseaux endémiques de l'Île (voire de la région), et surtout énormément de plantes. Après un trajet jusqu'à la réserve à pied puis en cyclopousse (les distances sont très longues malgré les dires des malagasy, qui aiment marcher), notre guide nous a fait découvrir des arbres prestigieux comme le bois de rose, et la raison pour laquelle on appelle le ravenala l'Arbre du voyageur. On a pu apercevoir deux lémuriens ! On est ensuite rentrés en tuktuks à l'hôtel, c'était dépaysant.

Nous avons logé à l'hôtel Au gentil pêcheur, le confort est là, les prix sont abordables et on y mange extrêmement bien (Léa a adoré leur ravitoto coco, et moi leurs bananes flambées).

À voir mais qu'on n'a pas eu le temps de visiter

  • Le fort Manda, construit par le roi Radama Ier avec l'aide des Anglais pour protéger la côte des Français. Il est circulaire et fait de poudre de corail, de pierres et blanc d'œuf

L'Île Sainte-Marie

Pour aller à Sainte-Marie, nous avons pris le bateau. Une navette est passée nous chercher directement sur le bord de la route à Foulpointe (mais avec 2 heures de retard) pour nous déposer à Mahambo où le ferry nous attendait. En effet, c'est le seul endroit où il y a une passe qui permet aux gros bateaux d'éviter les coraux.
Pas d'embarcadère ! Le ferry mouille au milieu de la baie, et on a dû prendre une vedette pour pouvoir monter à bord. Le ferry était confortable, les 3 heures de traversée sont passées rapidement. Surtout car nous avons eu la chance de voir durant tout le trajet des baleines partout ! J'ai arrêté de les compter au bout de la 25e !

Arrivée à Ambodifototra (le seul port de l'île), on est allés directement à notre hôtel, le bien nommé La Baleine. C'était paradisiaque ! Nos bungalows donnaient sur la mer, on pouvait apercevoir des baleines sauter, on était entourés de palmiers et autres plantes et fleurs tropicales.

Les piscines naturelles en scooter

Le lendemain, on a loué des scooters, accompagnés un guide, pour nous amener à la pointe nord de l'île (l'hôtel étant basé au sud). Le paysage sur la route était magnifique, entre la mer sur la gauche et la végétation luxuriante sur la droite, en passant par des villages aux cases sur pilotis en ravinala. Plus on avançait, plus le paysage devenait sauvage, pour le plus grand bonheur de nos yeux. On est d'ailleurs passés près de la magnifique cascade d'Antanandava.

Arrivés sur la pointe nord, on a laissé nos scooters pour descendre sur la plage de sable fin côté océan. La mer était beaucoup plus agitée que sur la côte ouest, mais trois piscines naturelles étaient protégées des vagues par des rochers d'origine volcanique. Ces piscines sont sacrées et il y a donc des fady à respecter absolument. On a pu s'y baigner, c'était paradisiaque. Notre retour en scooter a été marqué par un presqu'accident avec un bébé zébu qui traversait la route, et de la pluie.

Excursion baleine et l'île aux Nattes

Le jour d'après, nous sommes partis en excursion baleine avec l'association Megaptera. Départ en bateau non loin de l'hôtel pour 4 heures d'observation autour des baleines à bosse. Saviez-vous que les baleines à bosse ne mangeaient que 3 mois par an ? qu'elles donnent 100 litres de lait par jour à son petit ? que seuls les mâles chantent ? que leur pénis mesure 3 mètres ? Nous avons appris tout ça (et bien d'autres choses) durant cette excursion où 4 mâles faisaient la cour à une femelle. Surtout nous avons pu les observer au plus près, sans les perturber grâce à des règles strictes à respecter.

Le bateau nous a déposé sur l'île aux Nattes, îlot magnifique au sud de Sainte-Marie fait de plages de sable blanc, de palmiers et d'arbres du voyageur. Après un repas très local (riz et poisson frais), on a passé l'après-midi à chiller sur la plage et à jouer dans l'eau. Certains en ont profité pour faire un peu de snorkeling dans les coraux. On était seuls, comme si la plage était privatisée. Le paradis !

En termes d'organisation, tout s'est fait à partir de l'hôtel (en passe de devenir un écolodge) qui nous a conseillé tel guide, telle location de scooters, telle association pour l'excursion baleine et qui a fait venir des vendeuses de vanille directement pour nous. On a fait le plein de concentrés de vanille qu'on utilise encore aujourd'hui dans nos desserts.

Nous sommes repartis le lendemain pour Tana dans un avion à hélice (première fois pour Léa). La vue par le hublot sur Sainte-Marie et l'île aux Nattes nous a rendus d'un coup nostalgiques, alors profite bien si t'y es un jour !

À voir mais qu'on n'a pas eu le temps de visiter

  • Le cimetière des pirates et l'île aux forbans, qui comme leurs noms l'indiquent rappellent le passé de l'île, peuplée de pirates

J'espère que cet article t'aura fait voyager et que tu as envie tout de suite de prendre un billet pour Madagascar (comme nous en l'écrivant). Si tu souhaites découvrir la suite de notre voyage, viens voir notre road trip sur la RN7 de Tana à Ranomafana (bientôt) !


Le programme complet de notre circuit

  • Jour 1 : Trajet de Antananarivo à Foulpointe en spécial
  • Jour 2 : Farniente sur la plage et snorkeling en pirogue à "l'aquarium"
  • Jour 3 : Visite de la réserve spéciale d'Analalava
  • Jour 4 : Transfert en navette jusqu'à Mahambo, traversée en bateau pour Ambodifototra (ville principale de Sainte-Marie) et installation à l'hôtel
  • Jour 5 : Balade en scooter jusqu'à la pointe nord de l'île pour se baigner dans les piscines naturelles
  • Jour 6 : Excursion en bateau pour découvrir les baleines et farniente sur l'île aux Nattes
  • Jour 7 : Retour en avion de Sainte-Marie à l'aéroport d'Ivato, retour à Antananarivo
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Qui sommes-nous ?

Salut toi et sois le bienvenue sur notre blog ! Nous c'est Léa et Delphin, vieux ados presque adultes. Ici tu trouveras un peu de tout, ce qu'on aime au quotidien mais aussi nos voyages et nos expériences. Enjoy !